Le 20 mars 2017 avait lieu le deuxième Sommet de la Vape organisé par Sovape, association créée à l’issue du premier Sommet en 2016. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les choses ont bougé en un an !

Relire notre article sur les enjeux du 1e sommet de la Vape

Cette année l’ambiance n’était pas la même. L’amélioration constante des matériels et des liquides, les études scientifiques et l’analyse du comportement des vapoteurs ayant fait leur travail, l’humeur était bien plus chaleureuse et consensuelle. Même s’il y a toujours des points sur lesquels il faut trouver un accord !

 

La e-cigarette est un formidable outil de réduction de risque

Oui tout le monde au Sommet de la Vape était d’accord. Sans exception. La e-cigarette est un outil de réduction de risque et il faut la recommander à tous les fumeurs.

L’association Droits des Non-Fumeurs et le Comité National Contre le Tabagisme qui ont été mis du côté des opposants à la e-cigarette en début de journée, ont réagi en se plaçant du côté de la vape et en reconnaissant son utilité dans la réduction de risque. Gérard Dubois le président d’honneur du CNCT et de l’Alliance contre le Tabac a même eu ces mots sans équivoque : “La e-cigarette est à la cigarette ce que le pistolet à bouchon est à l’obus de marine”.

Même la Direction Générale de la Santé a salué l’importance de la e-cigarette dans la lutte contre le tabac. À la suite du premier Sommet de la Vape, alors que sa position était bien plus précautionneuse, Benoit Vallet, le Directeur Général de la Santé, avait pris l’engagement de créer un groupe de travail sur la cigarette électronique. Non seulement cela a été fait mais il a, en plus, vanté son utilité en fin de journée.

 

Mais quelle position avoir face au vapotage passif ?

Ah le sujet qui fâche ! Et chapeau à l’association Droits des Non-Fumeurs qui à chaque fois se jette dans l’arène pour débattre et faire valoir son point de vue.

 

Le topo de départ

  1. Arrêter de fumer est dur. On le sait tous. Et il faut faire le maximum pour vous aider.
  2. Une partie des fumeurs est dépendante physiquement à la cigarette et une grande partie est également dépendante “comportementalement”.

Partons de ces deux points pour réfléchir.

 

Par rapport à la dépendance physique d’abord :

La e-cigarette permet de se défaire de sa dépendance physique en administrant de la nicotine. Mais pas de la même façon que la cigarette. Car on ne fume pas comme on vapote. Quand la cigarette provoque un “shoot” de nicotine, l’apport de nicotine par la e-cigarette se fait, lui, de façon beaucoup plus régulière. Moralité : pour avoir sa dose de nicotine, il faut vapoter beaucoup plus fréquemment.

Argument des vapoteurs : “pour que l’on réussisse à arrêter de fumer, il faut nous permettre d’avoir notre dose de nicotine et donc de vapoter quand on en a besoin, c’est-à-dire tout le temps. Si vous nous demandez de faire des “pauses vape” comme les pauses cigarette alors nous n’aurons pas assez de nicotine et nous risquerons de recraquer pour la cigarette”.

On entend.

 

Par rapport à la dépendance comportementale ensuite :

Très clairement la e-cigarette ne permet pas de se défaire d’une dépendance comportementale. Si on avait une relation “doudou” avec sa cigarette alors on aura une relation “doudou” avec sa e-cigarette.

Mais peu importe. Pour chaque arrêt du tabac il faut penser par palier et agir par ordre de priorité :

  1. Réduire le risque de développer une maladie en arrêtant d’inhaler les produits toxiques présents dans la fumée de cigarette
  2. Arrêter la nicotine
  3. Gérer sa dépendance comportementale

La priorité étant donc de vous aider à vous défaire de la cigarette, on devrait vous laisser votre doudou.

On entend aussi.

 

La liberté s’arrête là où commence celle des autres

En résumé : oui nous voulons faire le maximum pour vous aider à vous défaire de votre cigarette. Oui dans l’idéal il faudrait vous permettre de vapoter partout. Votre santé avant tout ! Oui bien sûr … dans l’idéal.

Parce que dans la réalité, la liberté du vapoteur s’arrête là où commence celle des autres. Votre santé avant tout, moui mais surtout : la santé de tout le monde avant tout.

 

La santé de tout le monde

La vapeur de la e-cigarette contient certes infiniment moins de produits toxiques que la fumée de cigarette mais elle en contient quand même. Pour un fumeur, c’est mieux qu’une cigarette. Mais pour un non-fumeur, ce n’est pas bon.

Rajoutons également à cela que la vapeur a souvent une forte odeur qui peut incommoder et que beaucoup de vapoteurs font d’énormes nuages …

 

Dilemme ! On comprend que le sujet demande un peu réflexion et que l’accord ne soit pas si simple à trouver …

 

Et quid de la publicité ?

Dans l’esprit général, qui dit interdiction dit danger. Donc le fait d’interdire la publicité sur le e-cigarette sème le doute dans l’esprit des non consommateurs de cigarettes électroniques. “Si c’était sans danger, on pourrait en parler non ?” Oui … Sauf que tout dépend à qui l’on s’adresse.

 

Si on parle aux fumeurs

Alors oui il faudrait communiquer sur la e-cigarette pour qu’il y ait une info claire sur le sujet et que tous vous sachiez que pour votre santé, il est recommandé de passer à la e-cigarette.

Trop de fumeurs pensent encore, à tort, que la e-cigarette est aussi dangereuse que la cigarette voire pire. C’est FAUX ! Qui a à perdre dans l’essor de la cigarette électronique ? Posez-vous la question et vous aurez peut-être un début de réponse sur l’origine des études alarmantes.

 

Mais si on parle aux enfants ou aux adolescents

Même indirectement alors vous créerez de l’intérêt. Or dans une cigarette électronique il y a de la nicotine (pas forcément ok mais il peut y en avoir) et la nicotine crée de la dépendance.

Et on ne veut pas que nos enfants soient dépendants … de quoi que ce soit.

Re-dilemme !

 

Reste peut-être simplement à définir le terme publicité ?

Diffuser de l’information ciblée ne devrait pas être considéré comme de la publicité et afficher dans des magazines non spécialisés des visuels attractifs devrait être interdit.

Surtout que comme le faisait remarquer un directeur de boutique : les indépendants de la vape n’ont pas les moyens de s’offrir des campagnes de pub dans la presse ou de l’affichage. Seule l’industrie du tabac le peut. Et rappelons que tout ce qui sort des usines des industriels du tabac doit être à proscrire. Leur intérêt final n’est pas de vous faire sortir de l’addiction puisque c’est ce qui les fait vendre. Et on sait d’expérience qu’ils sont prêts à mettre n’importe quoi dans leurs produits pour vous rendre plus accro et gagner toujours plus d’argent.

 

Les réflexions sur ces deux sujet sont en cours. Espérons que la solution aura été trouvée pour le troisième Sommet de la Vape !

 


Étaient présents, par ordre alphabétique :

Gérard Audureau – Droits des Non Fumeurs & Alliance Contre le Tabac
François Beck – OFDT
Sébastien Beziau – Vapyou & Sovape
Anne Borgne – Respadd
Jean-Pierre Couteron – Fédération Addiction
Bertrand Dautzenberg – Paris Sans Tabac & Sovape
Gérard Dubois – Comité National Contre le Tabagisme & Alliance Contre le Tabac
Jean-François Etter – Professeur en santé publique
Astrid Fontaine – Association LRSH qui a réalisé une étude qualitative auprès des utilisateurs d’e-cigarette
Françoise Gaudel – Groupe Facebook “Je ne fume plus”
Didier Jayle – Sovape
Jacques Le Houezec – Sovape
Brice Lepoutre – AIDUCE
Stephen Lequet – Droits des Non Fumeurs
Jean Moiroud & Rémi Parola – Fivape
Jean-Yves Nau – journaliste spécialisé dans la santé publique
Nathalie Navarro – Axone Group
Stéphane Papathéodorou – Vape du Cœur
Riccardo Polosa – Université de Catane
Nicolas Prisse – Mildeca
Pierre Rouzaud – Tabac et Liberté
Daniel Thomas – Comité National Contre le Tabagisme
Benoît Vallet – Directeur Général de la Santé