Cécile Levaillant est infirmière de formation et pratique l’acupuncture à Paris dans le 20e arrondissement. Elle nous a accordé un entretien pour répondre à toutes les questions que l’on se posait sur cette « mystérieuse » technique ! Alors, aurez-vous recours à l’acupuncture pour arrêter de fumer ? Cette interview vous en donnera peut-être l’envie !

 

1- Qu’est-ce que l’acupuncture ?

L’acupuncture fait partie de la médecine traditionnelle chinoise. C’en est une des 5 disciplines. Les 4 autres sont la pharmacopée (à base de plantes médicinales), le massage Tui Na, la diététique et la gymnastique énergétique (Tai chi, Qi gong).

C’est un art thérapeutique très ancien, issu de la philosophie taoïste qui considère l’homme à l’image de la nature et en harmonie avec celle-ci. L’acupuncture envisage la personne dans sa globalité corps-esprit. L’approche ne sera donc pas basée uniquement sur les symptômes mais sur le terrain qui a favorisé leur émergence. Même si en occident nous connaissons mieux l’acupuncture sous son angle curatif, à l’origine, elle est préventive dans sa philosophie. Elle s’intègre dans un art de vivre et de prendre soin de soi pour éviter la maladie.

 

2 – Concrètement comment cela fonctionne ?

Les chinois ont mis à jour un réseau de méridiens. Ce sont des canaux dans lesquels circule une énergie appelée le Qi. Ces méridiens parcourent l’ensemble du corps. De la surface à la profondeur en passant par les organes. Le bon fonctionnement du corps et de l’esprit dépendent d’une circulation harmonieuse de cette énergie.

Des dysfonctionnements peuvent être induits par des facteurs externes comme un coup de froid, des facteurs internes d’ordre émotionnel ou encore une mauvaise hygiène de vie. Ces perturbations vont entraîner par exemple des stagnations de l’énergie, des excès ou des insuffisances à certains endroits. Créant ensuite des troubles physiques, organiques ou autres.

Le principe de l’acupuncture est de rétablir cette circulation d’énergie en déterminant d’où vient la perturbation et en corrigeant également les effets collatéraux par la pose d’aiguilles d’acupuncture ou l’utilisation de bâtons d’armoises* dans certains cas.

 

3 – Comment posez-vous le diagnostic ?

On débute par un entretien pour comprendre qui est la personne que l’on reçoit, son environnement, son état d’esprit, ses préoccupations, ses principaux antécédents… Il faut donc être prêt à se livrer un minimum !

Ensuite on corrobore ces éléments avec l’observation de la langue et la prise des pouls chinois qui vont permettre de faire le bilan énergétique, clé essentielle pour déterminer comment il faut intervenir.

 

4 – Comment l’acupuncture peut-elle aider une personne à arrêter de fumer ?

En premier lieu et quelque soit le motif de la consultation, la séance d’acupuncture vise à corriger les déséquilibres énergétiques ou à renforcer préventivement certains organes. Cette première étape est indispensable pour partir sur de bonnes bases.

S’agissant de l’arrêt du tabac proprement dit, on examine ensemble l’addiction et ses caractéristiques : consommation, durée, à quels moments de la journée, dans quelles situations… Le tabagisme répond il à une habitude ? à un manque ? à une période de vie ? etc… Mesurer aussi la détermination de la personne, ses stratégies pour remplacer ce rituel (ex : sport, autre support pour accompagner ce changement).

L’acupuncture viendra en soutien en travaillant sur des points spécifiques liés à la dépendance, agira sur la sérénité et la volonté de tenir cette décision.

Deux ou trois séances rapprochées peuvent s’avérer nécessaires pour asseoir le changement et être accompagné, soutenu. Mais l’essentiel réside dans la motivation et le changement d’habitude de vie.La technique d’accompagnement reste un support important mais il ne peut agir seul.

Bien choisir le moment pour arrêter de fumer est aussi important. Une période stable sera plus propice.

 

5 – Que faire en cas de rechute ?

Il faut analyser ce qui a fait chuter la motivation (évènement extérieur, difficulté à mettre en place de nouvelles habitudes…). L’arrêt du tabac crée nécessairement un vide qu’il faut combler. En créant une autre routine par exemple, un autre rituel agréable. À chacun de trouver le sien.

La rechute ne signifie pas que la méthode n’est pas la bonne, changer une habitude ne se fait pas d’un seul coup pour tout le monde. Certaines personnes sont prêtes quand elles viennent consulter, d’autres pensent l’être et ne le sont pas. Il faut se donner un peu de temps pour apprivoiser ce changement ….

 

6 – Comment bien choisir son acupuncteur ?

Le bouche à oreille reste une valeur sûre.

En séance, vérifiez que le praticien vous écoute, vous pose un certain nombre de questions, prend votre pouls et ne vous fait pas systématiquement le même traitement. Ce sont des gages de sérieux.

 

* sorte de gros cigares. On approche le bout incandescent du point à traiter et le travail se fait par la chaleur