La toux est un des charmants petits cadeaux de la cigarette. Elle commence comme un léger raclement de gorge pour éclaircir sa voix et souvent se termine en toux chronique. Cette toux rythme souvent notre journée de fumeur, à un point tel qu’on ne la remarque même plus … Mais elle peut être le signe d’éventuelles maladies respiratoires.

 

La cigarette a bon dos !

Quand on vit dans une grande ville où l’automobile est reine et la concentration humaine la norme, il est logique d’attraper plein de microbes et d’encrasser nos poumons. Oui, c’est vrai. Mais ce qui est sûr, c’est que la cigarette n’arrange rien et qu’elle peut parfois amener à des situations respiratoires critiques.

Faisons le point sur les maladies respiratoires liées à la cigarette.

 

L’asthme

Si vous êtes asthmatique, fumer n’arrangera rien à votre affaire, au contraire, cela la fera empirer. Et un asthme qui empire peut conduire à une BPCO (cf fin de notre article).

Si vous n’êtes pas asthmatique mais que vous avez un terrain allergique, alors vous aurez plus de risque que les autres de faire de l’asthme.

Les études semblent aussi montrer que les femmes sont plus sujettes au développement de l’asthme à cause du tabac 😱

 

La bronchite chronique

Le corps est bien fait et notre système respiratoire en est un bon exemple.

Pour vulgariser : il s’auto-nettoie. Les particules autres que l’oxygène sont interceptées et menées gentiment à la sortie. La toux est le signe de l’évacuation de ces éléments indésirables.

Seulement lorsque la dose d’éléments “polluants” devient trop importante, le système respiratoire sature et n’arrive plus à faire le tri. Les éléments extérieurs (donc nocifs) s’encrassent dans nos poumons, la toux empire et devient chronique.

Notez que le tabac est très pervers car en plus de polluer nos poumons, bronches et compagnie, il paralyse les agents nettoyeurs qui se retrouvent, de fait, dans l’incapacité de faire leur travail correctement.

Moralité : plus on fume, plus on risque de développer des bronchites chroniques, qui se caractérisent par des épisodes de toux d’environ trois mois depuis plus de deux ans.

Or si elles ne sont pas prises en considération, ces bronchites chroniques peuvent avoir des conséquences graves : infections bactériennes ou, pire, BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive).

 

La BPCO

La BPCO ou bronchopneumopathie chronique obstructive concerne 3 millions de personnes en France (85% à cause du tabac) et elle est responsable chaque année de 11.000 morts (soit 15% des décès liés au tabac).

La difficulté avec la BPCO, c’est qu’elle est généralement diagnostiquée très tard (autour de 40/50 ans) et ce parce que ses symptômes (toux chronique, essoufflement important, expectorations) peuvent paraître anodins et ne pas alarmer tant que la nécessité de l’hospitalisation arrive.

Imaginez : seulement 60% des cas sont diagnostiqués alors que la maladie, si elle est prise à temps, peut être contrôlée … en arrêtant de fumer déjà 😅 et en faisant des séances de kiné respiratoire.

Si on ne fait rien, la maladie va se transformer en insuffisance respiratoire (chronique obstructive) puis en emphysème (insuffisance respiratoire définitive) voire en cancer du poumon …

 

Auto-évaluez vous !

Répondez à ces quelques questions pour savoir où vous en êtes.

1. Toussez vous souvent (tous les jours) ? Oui ❑ Non ❑
2. Avez‐vous souvent une toux grasse ou qui ramène des crachats ? Oui ❑ Non ❑
3. Êtes‐vous plus facilement essoufflé que les personnes de votre âge ? Oui ❑ Non ❑
4. Avez‐vous plus de 40 ans ? Oui ❑ Non ❑
5. Avez‐vous fumé ou fumez-vous ou avez‐vous été exposé de manière prolongée ou répétée à des gaz, poussières ? Oui ❑ Non ❑

À partir de 2 réponses positives, on estimera qu’il serait intéressant d’aller parler de vos symptômes à un médecin qui vous dira ce qu’il en est 😊
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