Le Sommet de la Vape a eu lieu le 9 mai 2016 au Conservatoire National des Arts et Métiers à Paris. C’était un colloque citoyen organisé par les citoyens pour défendre les intérêts des citoyens. Et ça, ça fait du bien !

Le Déclic Anti Clope y était et pour que vous compreniez bien les enjeux de ce sommet, nous vous proposons un petit recap du contexte dans lequel il a eu lieu.

 

Un produit libre qui attise la convoitise

La e-cigarette est un produit “libre” qui a été créé par des gens comme nous (pas d’industriels de la santé, pas d’industriels du tabac : libre). Ce sont d’anciens fumeurs qui passés à la vape et devenus ex-fumeurs, se sont pris de passion pour cet objet et n’ont cessé de le faire évoluer pour satisfaire toujours plus les futurs ex-fumeurs.

Preuve de son efficacité : les ventes de cigarettes ont commencé à baisser à partir de l’arrivée de la cigarette électronique en France en 2011, faisant ainsi de plus en plus de tort à l’industrie du tabac et à l’industrie pharmaceutique.

Le danger pour eux est bien réel : plusieurs centaines de milliers de personnes ont confirmé avoir arrêté de fumer grâce à la e-cigarette. Entre 7,7 et 9,2 millions de Français l’auraient expérimentée et 1,1 à 1,9 million de Français disent vapoter régulièrement. Les 2 industries se sont donc lancées dans un lobbying acharné pour essayer de récupérer ce marché florissant. L’industrie pharmaceutique a perdu, la e-cigarette ne sera pas un médicament.

L’industrie du tabac, elle, est en plein dans le combat. Elle rachète des fabricants, crée ses propres e-cigarettes (qui ne visent pas à faire sortir les fumeurs de la cigarette : où serait l’intérêt pour elle ?!). Et sous couvert de protéger la santé des Français (on rit), elle tire des ficelles pour réguler drastiquement la production et la fabrication des e-cigarettes et des e-liquides. À l’heure où s’écrivent les décrets d’application de la loi de Santé sur la cigarette électronique, la menace est réelle.

 

La clé du problème

Elle est là : si vous régulez fortement le marché, seuls ceux qui auront de gros moyens (comprenez l’industrie du tabac) pourront suivre. Les autres ne pourront plus faire de R&D et ne pourront plus produire dans les conditions qu’on leur impose.

Cela marquera la fin de la vape libre et donc la fin de la vape comme outil de sevrage.

Et c’est Big Tobacco qui gagnera … encore.

 

“On ne peut quand même pas vendre n’importe quoi ! Et il faut des normes pour protéger notre santé” nous direz-vous !

Évidemment, mais rien n’est pire que de fumer des cigarettes. Tous les professionnels de santé présents au 1e Sommet de la Vape¹ étaient d’accord pour le dire. Certes nous n’avons pas encore assez de recul sur la e-cigarette pour garantir qu’elle n’aura aucun effet négatif sur la santé à long terme mais ce dont on est sûrs c’est qu’elle est infiniment moins nocive que le tabac : ses émissions sont au minimum plus de vingt fois moins toxiques que la fumée des cigarettes.

Et d’ailleurs, pourquoi demander à la e-cigarette d’être propre sous tous rapports alors qu’on ne le demande pas à la cigarette, ni aux centrales nucléaires, ni aux voitures, ni aux produits de beauté, ni aux pesticides, ni aux ondes ? Si on devait être sûrs à 100% de l’innocuité des produits que l’on consomme alors nos rayons se videraient drastiquement !

 

“D’accord, mais la e-cigarette incite les jeunes à fumer !” nous rétorquerez-vous

Eh bien a priori non. On sait maintenant, grâce aux études menées par l’Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies (OFDT) et par l’association Paris Sans Tabac, que la cigarette électronique ne serait pas une porte d’entrée vers le tabagisme pour les jeunes mais un concurrent.

Les données sont claires : 45 % des 15-24 ans l’ont essayée et ce chiffre se stabilise.

Parmi eux :

  • 24% des non-fumeurs ont tenté l’expérience avec des e-liquides majoritairement sans nicotine (donc non addictifs).
  • 80 % des fumeurs occasionnels ont également essayé
  • 91% des fumeurs quotidiens

Et le nombre de jeunes dans cette tranche d’âge n’ayant jamais fumé, ni vapoté progresse.

Il n’y a donc pas photo.

 

La conclusion du Sommet de la Vape est clair :

Amis fumeurs, passez à la e-cigarette pour limiter les risques pour votre santé !

C’est donc pour arriver à cette prise de position officielle que toutes les associations de prévention, d’addiction, de défense des droits des vapoteurs et des professionnels de la vape se sont réunies le 9 mai.

Elles ont aussi partagé leur opinion sur le vapotage dans les lieux publics et la publicité. Sujets sur lesquels un consensus reste à trouver. Mais surtout, elles ont voulu faire entendre à la Direction Générale de la Santé et au Ministère de la Santé l’absolue nécessité, au nom de la santé publique, de protéger la vape libre française. Le président de la Direction Générale de la Santé, le Pr. Benoît Vallet, a rejoint  l’assemblée en fin de journée et a pris date pour travailler avec la FIVAPE (fédération représentant les professionnels de la vape) et s’est engagé à créer un groupe de travail avec toutes les parties prenantes.

Signe que les choses vont aller dans le bon sens ?

Affaire à suivre sur le Déclic Anti Clope !

 


Étaient présents, par ordre alphabétique :

Gérard Audureau – Droits des Non Fumeurs
Claude Bamberger – AIDUCE
Dr. Ivan Berlin – Société Française de Tabacologie
Pr. Pierre Bartsch – pneumologue
Marie-France Corre – Institut National de la Consommation, auteur du 1e rapport sur la e-cigarette publié en 2013 par 60 Millions de Consommateurs
Jean-Pierre Couteron – Fédération Addiction
Pr. Gérard Dubois – Alliance Contre le Tabac
Pr. Bertrand Dautzenberg – Paris Sans Tabac (relire notre interview)
Pr. Jean-François Etter – Professeur en santé publique
Didier Jayle – ex. Mildeca
Jacques Le Houezec – scientifique et tabacologue 
Aurélie Lermenier – OFDT
Dr. William Lowenstein – SOS Addictions
Dr. Alain Morel – Fédération Française d’Addictologie
Jean Moiroud et Rémi Parola – Fivape
Jean-Yves Nau – journaliste spécialisé dans la santé publique
Dr. Pierre Rouzaud – Tabac et Liberté
Dr. Roger Salamon – Haut Conseil en Santé Publique
Pr. Daniel Thomas – Comité National Contre le Tabagisme
Pr. Benoît Vallet – Direction Générale de la Santé