C’est un véritable débat en ce moment. Doit-on, compte tenu du contexte actuel (comprenez les menaces d’attentats terroristes), recréer des zones fumeurs dans les lycées français ? En d’autres termes : doit-on, sous prétexte de “menaces” faire marche arrière sur une avancée sanitaire ?

 

Sécurité vs protection sanitaire

Évidemment on ne veut pas que des jeunes de 18 ans, nos enfants, petits frères, nos cousins, se retrouvent la cible de malades. C’est évident. Mais on sait à quel point il est difficile de faire avancer les choses, d’autant plus en ce qui concerne le tabac avec son lobby qui a des moyens démesurés pour se défendre et faire barrage.

Et malheureusement, on sait aussi à quel point il est facile de revenir en arrière. Si on continue de laisser des directeurs d’école recréer des zones fumeurs dans les lycées, le retour à la situation normale ne se fera pas : ces espaces resteront et il faudra tout recommencer. Que d’énergie gaspillée …

Merci les terroristes pour ce double effet kiss cool.

 

Qui est le meurtrier ?

Oui la question peut se poser : qui est le plus meurtrier ? Rappelons que la cible n°1 de l’industrie du tabac, ce sont les jeunes. Ce sont eux qui vont renouveler leur clientèle : parce que 50% des personnes qui fument déjà mourront prématurément, à cause de la cigarette. C’est malheureusement bien comme cela qu’ils raisonnent. Ils appellent même les jeunes : les Replacement Smokers – les fumeurs de remplacement. C’est explicite non ?

Du coup, ce retour en arrière est du pain béni pour l’industrie du tabac. Les “grands” représentent tout ce que veulent être les “petits”. C’est parce que l’on veut être grand que l’on se met à fumer. Et le fait de voir ceux de 18 ans tirer sur leur cigarette et recracher avec style cette belle fumée blanche donnera des envies aux petits qui en ont marre de devoir rendre des comptes à leurs parents.

 

Quelle solution dans ce contexte ?

Que faire ? Peut-être se dire en premier lieu que fumer n’est pas un droit à respecter à tout prix. “Ces pauvres petits addicts, laissons-leur le droit de prendre leur dose en toute sécurité”. Non. En plus de donner le mauvais exemple et d’inciter à un mauvais comportement, leur fumée pollue l’air des plus jeunes. C’est de l’intoxication passive et les petits collégiens n’ont rien demandé.

Et pour finir, si on déplaçait le sujet ? Un garçon de 18 ans serait alcoolique, le laisserait-on boire sa bière dans la cour à 10h du matin ? Non. Et on ne lui dirait pas non plus d’aller la boire sur le trottoir dehors. On le mettrait en relation avec des personnes pour l’aider à se soigner. Alors pourquoi tant de clémence ou de laisser-aller avec les jeunes fumeurs ?

 

Lire la lettre écrite par 75 organisations de santé européennes et envoyée en octobre 2016 à la ministre de l’Éducation Nationale, Najat Vallaud Belkacem