Mercredi 4 février 2026 l’ANSES (l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire) a publié un rapport sur la vape. Cette “Évaluation des risques sanitaires liés aux produits du vapotage” est le rapport le plus sérieux jamais fait. Il fait 36 pages et – si l’on juge les unes alarmistes des médias – il semble que peu de journalistes aient pris le temps de les lire. Evidemment c’est très agaçant, d’ailleurs pour ceux qui ne voudraient pas lire l’article voilà mon avis résumé dans cette courte vidéo postée sur mon compte insta.
Pour ceux qui veulent creuser et avoir toutes les infos, c’est juste après.
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La nocivité de la vape
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Tout l’intérêt du rapport est là : trancher sur la nocivité de la vape. Parce que depuis 15 ans qu’elle existe, il est très compliqué de savoir quelle information est la bonne. On tombe tantôt sur des articles anti-vape ou pro-vape et ils manquaient drastiquement des infos scientifiques qui fassent consensus. C’est donc l’objet de ce rapport.
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Le constat de départ & l’objectif
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Je cite page 3 du rapport : “la plupart des jeunes adultes et les utilisateurs occasionnels perçoivent d’avantage le vapotage comme une pratique au moins aussi nocive que les cigarettes traditionnelles, indiquant la nécessité de mieux documenter le sujet, en vue d’améliorer les messages de santé publique.”
Cette phrase vous donne déjà une indication sur la conclusion du rapport non ? Si les gens pensent que c’est au moins aussi nocif et qu’il faut les informer, c’est sans doute pour leur dire que ce qu’ils pensent est faux … mais je ne vous spoile pas !
Les scientifiques ont donc repris toutes les analyses existantes depuis 15 ans, ont viré celles qui n’étaient méthodologiquement pas fiables pour en tirer des conclusions sur 2 choses :
- L’effet global du vapotage sur la santé (cancers, maladies cardiovasculaires, etc)
- Le risque précis lié à certaines substances inhalées en quantifiant l’exposition et le danger (ici les aldéhydes)
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Il y a 4 niveaux d’effets possibles sur la santé :
- Niveau 3 – AVÉRÉ : niveau de confiance suffisant pour les études humaines
- Niveau 2 – PROBABLE : niveau de confiance limité pour les études humaines et suffisant pour les études in vivo
- Niveau 1 – POSSIBLE : regardez le graphique ci-dessous ce sera plus simple 😜
- Niveau 0 – PAS D’EFFET
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L’effet global du vapotage sur la santé
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Pour les maladies cardiovasculaires
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Je cite page 11, c’est important de citer, comme ça vous voyez que je ne trahis pas le rapport.
“A ce jour, le lien entre des effets, qui sont des réponses de l’organisme au vapotage et qui ne peuvent être qualifiés de pathologiques, et l’émergence de maladies chroniques, comme l’hypertension ou les coronaropathies, ou la survenue d’événements vasculaires reste a démontrer. (…) Les observations constatées lors d’une exposition prolongée rejoignent les données rapportées suite a une exposition courte.”
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Pour les maladies respiratoires
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- Asthme : les résultats sont contradictoires. Certaines études montrent une association avec des symptômes, sans preuve de causalité ; d’autres ne montrent aucun lien. L’interprétation est compliquée par de nombreux facteurs confondants.
- Bronchite : les données sont très limitées. Une seule étude, difficile à interpréter car elle ne distingue pas bronchite aiguë et chronique.
- Symptômes respiratoires : ils sont souvent rapportés (toux, sifflements) mais ne sont pas spécifiques et pas assimilables à des maladies.
- BPCO : association possible évoquée, mais les preuves sont faibles (les antécédents tabagiques sont mal connus, la durée d’exposition est trop courte). Des études sur le long terme chez des non-fumeurs sont nécessaires.
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Pour les cancers
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Je cite p.16 : “A ce jour, aucune étude menée chez les utilisateurs de cigarette électronique n’a mis en évidence le développement de tumeurs. En revanche, plusieurs travaux expérimentaux chez l’animal, ainsi que quelques études chez l’humain montrent la survenue possible de modifications biologiques compatibles avec les premières étapes de cancérogenèse. (…) II convient toutefois de souligner que, dans le cadre de ces travaux, les observations ne permettent ni de prédire la survenue d’un cancer, ni d’établir un lien de causalité. (…) Les résultats disponibles doivent être interprétés avec prudence. Si certains effets observés invitent à la vigilance, ils ne permettent pas de conclure à un possible effet cancérogène de la cigarette électronique à ce jour. Mais la survenue de certaines modifications biologiques compatibles avec le développement de tumeurs est possible.”
Donc en gros, avec 15 ans d’historique, pas de cancers. Mais il se passe quand même des trucs. Donc dans le doute, ce serait quand même pas mal de limiter la durée d’utilisation.
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En résumé 👇
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Donc là où les médias nous disent “la vape est toxique” comme si on était au niveau 3 – AVÉRÉ, le rapport dit qu’on est au niveau 2 – PROBABLE pour les effets cardiovasculaires et au niveau 1 – POSSIBLE pour le reste.
Rien à voir !
Et ce qui est intéressant c’est de voir que pour la cigarette, il n’y a pas de doute. Le risque est avéré pour TOUT !!
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Voilà ce que les auteurs concluent en résumé :
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- Le vapotage est nettement moins nocif que le tabac, notamment grâce à l’absence de combustion, qui réduit fortement l’exposition aux substances toxiques et cancérogènes.
- Les aérosols de cigarette électronique contiennent moins de substances nocives que la fumée de tabac, et à des concentrations bien inférieures, même si des composés toxiques et la nicotine restent présents.
- Toutefois le recul scientifique est insuffisant : le vapotage est récent et ne bénéficie pas encore d’études longitudinales sur plusieurs décennies.
- L’absence actuelle de maladies chroniques avérées chez les vapoteurs jamais fumeurs ne permet pas de conclure à une innocuité, mais reflète surtout ce manque de recul. Donc on doit continuer de suivre cette catégorie de vapoteurs au fil des ans.
- L’évaluation des risques est compliquée par de fortes limites méthodologiques : mauvaise caractérisation des expositions, auto-déclarations, antécédents tabagiques mal documentés.
- La grande variabilité des produits, les usages et les profils de vapoteurs, ainsi que les co-consommations tabac/vape fréquentes, rendent l’attribution d’effets spécifiques au vapotage difficile.
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👉 EN RÉSUMÉ : “Au regard des connaissances actuelles, il apparait que, bien que la cigarette électronique entraîne moins d’effets nocifs que la fumée de tabac, son usage n’est pas dépourvu de risques, ceux-ci demeurant toutefois inférieurs à ceux associés au tabagisme.”
Quand 90% des médias disent que la vape est dangereuse pour la santé, je trouve que cette conclusion officielle – elle – est plutôt rassurante ! La vape est beaucoup moins toxique que la cigarette. Pour l’instant il n’y a rien mais, dans le doute, limitons l’usage.
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Maintenant passons à l’analyse de la composition.
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L’évaluation quantitative des risques sanitaires de la vape
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Il s’agit ici d’évaluer si une exposition prolongée par inhalation aux aldéhydes émis par la cigarette électronique peut présenter un risque pour la santé des vapoteurs.
Les aldéhydes étudiés sont principalement ceux formés par la dégradation du propylène glycol et de la glycérine végétale. Les deux composants majeurs des e-liquides. 6 ont été sélectionnés : l’acétaldéhyde, l’acroléine, le formaldéhyde, le furfural, le glyoxal et le propionaldéhyde.
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La conclusion de l’analyse
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Pour la cigarette classique, le risque lié aux aldéhydes est présent dans presque toutes les situations, même pour une faible consommation quotidienne.
Pour le vapotage, le risque existe aussi mais varie selon l’aldéhyde et les conditions de vapotage : certains aldéhydes (propionaldéhyde, glyoxal) présentent un risque proche de 100% pour certains utilisateurs, tandis que d’autres (acétylaldéhyde, formaldéhyde) concernent moins de 20% des situations. Globalement, le vapotage réduit fortement l’exposition aux aldéhydes (80 à 100%), mais cela ne se traduit pas par une réduction proportionnelle du risque pour tous les vapoteurs.
Ce que ça veut dire c’est que même si les concentrations d’aldéhydes dans la vapeur de cigarette électronique sont beaucoup plus faibles que dans la fumée de cigarette, cela ne veut pas dire que le risque disparaît. Pour certains aldéhydes et pour certains profils de vapoteurs (ceux qui vapotent beaucoup ou qui ont un matériel ou e-liquide qui favorisent la formation d’aldéhydes), même ces faibles concentrations peuvent suffire à présenter un risque non négligeable pour la santé à long terme. Un risque quoi.
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Les recommandations de l’ANSES
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Pour les professionnels de santé :
- Être informés des risques du vapotage.
- Pouvoir décider si la vape peut être intégrée dans un parcours d’arrêt du tabac. Avec pour objectif final l’arrêt complet du vapotage.
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Pour info me concernant, j’ai la même approche depuis de nombreuses années. Je pars du principe qu’il y a un doute par rapport à l’innocuité de la vape. Donc je ne la recommande pas systématiquement et je la propose toujours en complément d’un patch pour limiter son usage. Je la recommande aux fumeurs qui sont bloqués depuis plusieurs années. Ceux qui ont peur de perdre une béquille voire une amie. Je sais qu’il va y avoir un travail à faire à ce niveau et que cela pourra prendre plusieurs séances. Dans ce cas, ma priorité reste leur santé. Et je préfère leur recommander de passer à la vape pour 3 raisons.
1/ Freiner tout de suite les risques pour leur santé.
2/ Leur donner le sentiment d’avancer. Passer à la vape c’est déjà un très grand pas qui va leur donner la motivation, le courage, la confiance pour continuer d’avancer.
3/ travailler la facette psycho-comportementale sans pression.
Et arrêter la vape au bout de quelques mois.
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Pour les usagers :
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Non-vapoteurs / non-fumeurs :
Ne jamais commencer à vapoter ni fumer ❌
(NDLR : la vape est destinée aux fumeurs ! On ne le dira jamais assez !)
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Fumeurs ou vapofumeurs :
- L’arrêt complet reste l’objectif santé.
- Si l’arrêt seul est difficile, consulter un professionnel pour un accompagnement (substituts nicotiniques, médicaments).
- La cigarette électronique peut être envisagée comme solution transitoire, uniquement pour arrêter de fumer, jamais en usage permanent. (cf. l’encadré bleu “pour info me concernant”)
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Pour les gestionnaires du risque et les pouvoirs publics
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Suivi du marché :
- Veille et enquêtes régulières sur e-liquides, dispositifs et pratiques de vapotage.
- Contrôle des produits commercialisés.
(NDLR : ce dont le rapport ne parle pas, ce sont les puffs, ces vapes pré-scellées comme les JNR, que l’ont peut se procurer sans aucun problème – malgré leur interdiction – et dont la composition n’est pas contrôlée).
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Normes et réglementation :
- Rendre obligatoires les normes volontaires existantes pour qualité et sécurité.
- Améliorer les méthodes de mesure des substances nocives pour réduire l’incertitude des évaluations.
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Sensibilisation et perception :
- Communiquer sur les risques réels, qui sont moindres que ceux du tabac fumé.
- Sensibiliser au DIY : choix des ingrédients, risques de surdosage, produits non destinés à l’usage inhalé.
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Encadrement des produits et responsabilité des fabricants
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Dispositifs de vapotage :
- Respect strict des normes de sécurité et de qualité.
- Résistances sans éléments métalliques toxiques.
- Systèmes de régulation pour limiter la formation de substances indésirables.
- Consignes claires pour l’entretien et le remplacement des composants.
- Démarche de certification indépendante recommandée.
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Formulation des e-liquides :
- Démarche « safe by design » dès la conception pour prévenir les risques d’inhalation.
- Sélection des substances en tenant compte des effets des produits initiaux et de leurs dégradations.
- Respect des normes existantes comme socle minimal.
- Attention aux dérivés de nicotine (ex. nornicotine, 6-méthyl-nicotine) pour leur toxicité et potentiel addictif.
- Liste négative des substances interdites à constituer.
- Certification indépendante couvrant tout le processus, de la formulation à la mise sur le marché.
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Conclusion du rapport de l’ANSES sur la vape
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Le vapotage n’est pas sans risque, même s’il est globalement moins nocif que le tabac fumé. Il doit être envisagé uniquement comme un outil transitoire pour aider à arrêter de fumer, en restant attentif aux ingrédients et aux effets à long terme encore mal connus.
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Et ma conclusion, c’est que ce rapport confirme mon approche et ma façon de proposer la vape !
- On peut l’envisager si on n’arrive vraiment pas à se lancer seul
- On fait attention à ne pas la laisser s’installer ou prendre trop de place (pour ça la meilleure solution est de la prendre en complément de patchs à la nicotine)
- On achète des e-liquides certifiés AFNOR !
- Mon petit bonus : on s’éloigne à tout prix des puffs (JNR, Wpuff, …), des produits qui viennent de l’industrie du tabac (vype, vuse). Et je rajoute, même si ça n’est pas une vape : l’iQos !
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Et si vous avez des doutes, venez me voir !
Voilà j’espère que ça vous a éclairé et que ça vous a rassuré 🙂 Et si vous voulez lire le rapport de l’ANSES sur la vape vous-même, vous pouvez le télécharger en cliquant ici 👈
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A très vite 👋
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