Mais si fumer c’est normal … Mettre le feu à un rouleau dans lequel il y a des feuilles séchées et en aspirer la fumée, c’est NOR-MAL !

Allez, trêve de plaisanterie. On sait bien que fumer n’est pas un acte naturel. Boire, manger, respirer ça l’est. Fumer ça ne l’est pas, tellement pas que des actions chimiques (notamment une action sur le pH des feuilles) ont du être faites sur le tabac pour que l’on puisse aspirer sa fumée.

 

Un partenariat insidieux qui a normalisé le fait de fumer.

Pourtant la cigarette fait partie de notre culture, voire de nos vies. Les choses changent depuis peu mais fumer a longtemps été un acte normal, validé par la société, un passage obligé, que l’on soit un homme ou plus tard une femme. Servant tantôt à marquer sa virilité ou à l’inverse sa féminité.

Cette normalisation n’est pas venue naturellement. Elle s’est faite grâce à de la com intensive et surtout à un partenariat géant avec les industriels d’objets de la vie du quotidien. Prenez les cendriers dans les accoudoirs des trains, des avions, des cinémas. Ou les allumes-cigares dans les voitures pour toujours, toujours, toujours avoir un briquet sur soi (Enfin, Peter, vous ne pourriez pas décemment laisser vos conducteurs se retrouver à cours de feu !). Et enfin, tout simplement, réfléchissez au concept du cendrier. Comme si on ne pouvait pas prendre une simple coupelle pour y mettre les déchets odorants (pour ne pas dire puants) de sa cigarette …

 

On a eu du bol …

L’industrie du tabac a tout fait pour faire rentrer la cigarette dans notre vie et la rendre naturelle, indispensable, évidente. Comme si fumer était un besoin vital auquel on ne pouvait se soustraire. Ce qui est rigolo c’est de transposer ça à un autre produit pour se rendre compte de l’absurdité de la chose.

Attention trip : c’est comme si partout où on allait, il y avait des poubelles spéciales “papier d’emballage de kebab”. A force de les voir, vous vous diriez “ben il FAUT manger des kebabs ou quoi ?”. Alors certaines personnes passeraient à l’acte. Et à force de voir tout le monde manger ce sandwich, ça deviendrait tendance. Vous vous sentiriez obligés de suivre le mouvement par peur de passer pour un idiot ou un asocial … Et ce que sont les pauses clopes aujourd’hui deviendraient des pauses “kebab”. Et tout le monde trouveraient ça normal que vous sentiez l’oignon à 10h du matin.

On rigole mais on oublie que le tabac tue, lui, et que les industriels l’ont quasiment toujours su …

 

Ah au fait !

Vous voulez connaître le pire partenariat qu’ait fait l’industrie du tabac ? C’était avec l’armée américaine à la fin de la guerre de Corée. Elle a muni ses mutilés de prothèses de bras avec briquet intégré … Classe non ? “T’as plus de bras, mais tu seras jamais en rade de feu mon poto. Elle est pas belle la vie ?! Et puis un bon cancer, c’était la moindre des choses qu’on pouvait t’offrir pour te remercier de ton patriotisme et de ton courage !”

 

Sources : Golden HolocaustRobert Proctor